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J’ai testé : un mois en pleine conscience (ou presque)

Que se passe-t-il, quand on quitte la tête pour le corps ? Quand on prête attention à ce qui se passe là, dans l’instant ? J’ai passé un mois en pleine conscience. Voici mon expérience.

Je vous retrouve dans un nouvel article, qui retranscrit cette fois un mois dans ma vie à adopter une attitude de pleine conscience. Soyons honnête tout de suite : j’avais prévu de passer une semaine à le tester, pour remarquer très vite… que j’échouais à la tâche. En effet, comme je vais vous le partager plus bas, la pleine conscience est un positionnement que nous sommes très peu nombreux à suivre naturellement. Nous sommes habitués à être dans notre tête, dans nos pensées, dans nos interprétations et nos analyses. Pourtant, retourner dans le corps, dans les sensations, dans l’instant, est magique et puissant – mais pas toujours évident. 

Un mois en pleine conscience : Quitter la tête pour le corps

C’est quoi, la pleine conscience ?

La pleine conscience, c’est un concept assez simple en soi : on prête attention à tout ce qui se passe, dans l’instant, sans réfléchir ou porter de jugement. C’est une forme d’attention, qui nous demande d’utiliser nos cinq sens, et non notre tête.

Vous me direz peut-être : mais je prête déjà attention à ce que je vis ! 

En fait, si la pleine conscience est simple d’apparence et pourtant compliquée à appliquer, c’est que nous avons perdu l’habitude de juste être là. Dans l’instant. Pas ailleurs, avec nos pensées, nos réflexions, nos peurs de ne pas avoir le temps, même nos réjouissances qui nous projettent dans un événement à venir.

Prêter attention : extérieur et intérieur

La pleine conscience, c’est choisir d’être attentif·ve à la fois à son environnement et à ce qui se passe à l’intérieur de soi. 

Pour moi qui ai encore du mal à accepter la présence de mes émotions et de ma sensibilité, cet état représentait un vrai challenge. Parce qu’il implique d’accepter ce qui est, de laisser venir, de simplement y être attentive, sans jugement.

Je suis aussi quelqu’un de très (très très) dans le mental. Je pense constamment, je tisse des liens entre les choses, je cherche à comprendre et à tirer une conclusion de tout ce qui m’arrive. Alors, à l’idée de passer mon temps à me taire, à écouter, à accueillir, en mode observatrice bienveillante, c’était pas gagné d’avance.

C’est parti pour le compte-rendu de mon mois expérimental!

Un mois en pleine conscience : Mon expérience

Des jours avec, et des jours sans

> Un début prometteur

« Conserver son esprit dans le moment présent ». C’est avec ces mots en tête que je débute ces premiers jours d’expérimentation. Mes yeux parcourent les objets de ma chambre avec attention, j’ouvre grand ma fenêtre, j’hume l’air rafraîchi du matin. Je m’amuse à me concentrer sur l’odeur du pain, de la pâte d’amande, et du bruit que fait le couteau sur l’assiette. 

Fière de moi, je me dis que ça ne va pas être si difficile que ça, finalement. On peut le voir comme un jeu, où chaque contact, chaque micro événement est sujet à d’étonnantes découvertes, de chouettes sensations.

> Retour à la réalité

Il arrive un moment où je me mets au travail. Là, mon esprit s’active, se concentre sur mes tâches. Je crée une offre à venir (le billet d’orientation) et j’ai ma petite voix familière qui m’accompagne. « Est-ce que ça va plaire ? ». « Tu penses vraiment intéresser quelqu’un avec ? ».

Mon ventre se serre, mes battements cardiaques augmentent, mes doigts se crispent sur le clavier. 

Tout ça, je l’écris pour vous plonger dans la scène, mais, sur le moment, je n’en ai pas conscience : je me contente de ruminer sur cette pensée, je m’efforce de poursuivre mon action, ou alors je finis par déclarer forfait et me prendre une pause. Sans réaliser tout ce qui s’est passé dans mon corps, ni comprendre pleinement que tout est venu d’une simple pensée.

J’enchaîne le reste de ma journée, en fonction de mes envies (ça, ça n’a pas changé 😉 [à lire aussi : j’ai testé – un mois à dire oui à mes envies]. 

> Manquement et rappels

Le lendemain et les jours suivants, je constate avec quelle facilité j’oublie mon intention de pleine conscience. Je suis si facilement extraite de l’instant, à cause de mes pensées !

Un peu agacée, je m’écris des notes pour me rappeler mon engagement. Je sors me balader en ville, et j’arrive à m’en souvenir (alléluia). Bien évidemment, j’étais en train de songer à mes projets de l’après-midi. Je me tais, et je regarde attentivement les façades qui m’entourent. La couleur des murs, la texture du crépi, les quelques oiseaux qui filent d’un arbre à l’autre. Je me surprends à respirer à plein poumons cet air frais, lumineux, qui caractérise pour moi les matinées ensoleillées.

En quelques secondes, je me suis reconnectée à toute la saveur de l’instant. À tous ces détails qui se trouvent toujours à portée de main.

> Pensée VS sensation

J’ai donc réussi à me concentrer sur mon environnement, en impliquant mes 5 sens (je regarde, j’écoute, je sens, je touche, je goûte). L’expérience est agréable, apaisante et inspirante. Je le savais déjà, mais je le fais si peu. Pourquoi ? Pourquoi est-ce que je peine autant à me concentrer sur mes sensations, alors que j’ai de la facilité à penser au quotidien ? Est-ce un mal ?

Ce jour-là, pendant ma séance de yoga, on me demande de prêter attention à ce que je ressens (ah!), à là où ça bloque. Je me dis parfait, c’est l’occasion. Je ferme les yeux pour mieux me concentrer, et là… une peur me traverse. Écouter son corps, c’est un peu différent, pour moi, qu’écouter l’extérieur : finalement, c’est plus confortable d’éviter de s’attarder sur ce qui est moins beau à voir – ses déséquilibres, ses irrégularités.

Si le yoga m’aide à me concentrer sur mes sensations, il y a quelque chose en moi qui me ramène toujours en surface. Qui m’empêche d’aller au fond des choses. 

[à lire aussi : Quelques clefs pour gérer ses émotions].

> Accueillir la vague 

Du coup, lorsque je sais qu’un jour chargé d’émotions m’attend, je me prépare. Mes instructions dansent dans ma tête : laisse être, écoute, mais ne juge pas.

L’idée est de vivre ma journée normalement, sans intentions – sauf celle d’être attentive à ce qui se passe. Et ça ne manque pas : face aux personnes avec qui je discute, je commence à me sentir oppressée, et à me questionner : je dis quoi, on va en penser quoi ? 

Je remarque que lorsque l’émotion arrive, ma tête s’en mêle très vite. Si je me sens stressée, elle me murmure « mais mince, pourquoi stresser, et si ça se voit, tu vas passer pour quoi ? ». Du coup, je veux rejeter mon stress. Mon corps se braque d’autant plus.

Le fait d’observer comment je me comporte, sans chercher à arrêter quoi que ce soit, est à la fois instructif et apaisant. Ça me retire de la scène, ça me mène à lui attacher moins d’importance. Bon, ça me rend aussi moins attentive à la conversation en cours (haha).

> Accueillir la vague bis

Le jour d’après, j’applique une nouvelle technique : quand l’émotion arrive et que je sens que mes pensées l’aggravent, je retourne dans mon corps, dans l’instant. Comment ? En me concentrant sur mes sensations. Je suis assise sur une chaise, qui offre à mes cuisses un contact dur, froid. Le verre que je tiens en main est lisse et léger. Je regarde les objets, les gens en face de moi, je note leurs caractéristiques. 

Aussitôt, mes pensées n’ont plus le premier plan. Mais, encore une fois, je me sens moins attentive à ce qu’on me dit. Peut-être une question de pratique ?

> Tout peut être là

Quelques jours plus tard, en me surprenant à nouveau en train de maudire une émotion et de ne pas vouloir la laisser être, je tombe sur un message d’Anne-Sophie, qui commence par ces mots : tout peut être là. Ce n’est pas une honte, d’éprouver de la tristesse. Ça n’empêche pas non plus la joie. Ou la peur. Ou l’envie. On est parcouru·e de plein de facettes, et on peut les laisser s’exprimer, côte à côte.

Face à de nouveaux événements, je joue le jeu : je laisse être. Et je découvre ma part qui doute, ma part qui apprécie l’instant, ma part qui est secouée, ma part qui connaît ma valeur et en est fière. Ça fait tellement de bien, de pouvoir être soi, entière, dans sa vérité, et non sa perfection.

Prêter attention aux différentes part en soi permet aussi de déceler plus vite ses propres limites. J’ai pu remarquer qu’à un instant, ma part qui a peur prend toute la place, et que j’ai besoin de partir, de m’aérer l’esprit. 

> Observer, plutôt que vouloir contrôler.

Je trouve ça enrichissant, d’observer attentivement son attitude, sa manière de se comporter au quotidien. Chaque soir, en m’endormant, mon esprit s’active. D’habitude, je m’accroche dessus, dans l’intention de lui dire de se taire, de me laisser dormir (ce qui me braque, évidemment). Cette nuit, je décide de laisser être. D’écouter les pensées et réflexions qui me viennent. Je ne me suis pas endormie plus vite, mais plus sereine.

> Faire d’un inconfort une expérience

J’arrive sur ces fameuses journées du cycle féminin, où avoir ses règles est souvent synonyme de fatigue, de mauvaise humeur, d’agacement. Cette fois, je tâche de faire attention à ce qui se passe dans mon corps : où j’ai mal, où ça pèse, mais aussi où ça vit. Cette connexion à moi-même m’aide à sentir ce dont j’ai besoin, à chaque instant : je me pose, je ferme les yeux, je bouge, je travaille. Résultat : c’est la première fois que je n’ai qu’un léger mal de crâne!

> Des réflexes qui s’ancrent

Je me surprends à aimer manger en pleine conscience. À vraiment prêter attention à ce que je mange, seule, sans écran, sans discussions, sans réflexions. Juste à mâcher, à savourer, à me remplir à mon rythme.

Ces jours-ci, je me sens bien plus réceptive à la façon dont mon énergie circule dans mon corps. J’ai travaillé toute une journée sur la structure de mes livres : c’était fluide, j’étais dans ma joie et mon inspiration, mais ma tête fume. Je sens où l’énergie a besoin d’aller pour renverser la balance : j’entame une séance de sport, pour me reconnecter à mon corps.

Un mois en pleine conscience : Le bilan

Je peux déjà affirmer qu’il me faudra bien plus qu’un mois pour prendre toute la mesure de cette pleine conscience. Et c’est OK. Prendre conscience de ses sensations, de ses émotions, de ses pensées, ça devient une sorte d’aventure, d’exploration qui peut bien se prolonger. 

Voici toutes les leçons que j’en tire.

> On peut choisir sur quoi diriger son énergie

Il y a des myriades de choses qui se passent dans l’instant, et à côté desquelles on passe sans même s’en rendre compte. Le bruit des semelles sur le bitume, la sensation du sol sous ses pas… 

Comme je l’ai appris en yoga, « where the attention goes, the energy flows ». Donc, on peut se demander sur quoi on veut porter son attention dans la journée, car c’est là où se mettra notre énergie. Si on ressasse ses pensées, on se fatigue. Et on n’a pas le temps pour tout faire. Alors, CHOISISSONS.

> Dépasser l’interprétation grâce à l’accueil de ce qui est

On se crée tellement d’histoires autour de ce qui nous arrive, avant même de le ressentir.

Notre conscience est étouffée par nos filtres et nos perceptions erronées de la réalité.

Prendre le temps d’observer une émotion/sensation, en mode « ok, là j’ai le coeur qui bat plus vite, et du coup ça me fait encore plus peur », ça retarde sa propre interprétation de la sensation. Ça nous ramène à un état neutre, pas encore labellisé par notre mental de « positif » ou « négatif ». 

Accueillir, être là avec ce qui se passe, ça évite donc d’interpréter, de se juger en se comparant aux autres, et ça permet d’être plus vite là pour soi, à laisser le truc s’exprimer ou à comprendre comment l’adapter au mieux (par exemple en se détendant, en se défoulant).

> Choisir entre la tête ou le corps

On ne peut pas être à deux endroits à la fois : soit on est dans le corps, soit dans la tête (si je pense beaucoup, et que je me concentre sur ma nourriture, sur le goût de l’eau dans ma bouche, je quitte la tête pour le corps, les pensées s’arrêtent ; à l’inverse, dès qu’une pensée vient, je quitte le corps).

On a une vision limitée des choses, déjà rien que visuellement, quand on est concentré sur ses pensées/prises de tête ; dès qu’on reprend conscience de tout ce qui nous entoure, le monde reprend sa densité, et nos pensées leur vrai place : un outil à notre service. 

> Être là pour soi, et gagner en stabilité

En écoutant son corps et son énergie, on décèle plus facilement ses envies et ses besoins, car ceux-ci s’expriment par le corps (par exemple un mal de tête, qui demande à se détacher du mental).

On a pourtant tendance à fuir le corps, la présence à soi, et on s’échappe facilement dans sa tête, dans ses pensées, dans son imagination, dans ses soucis (« je vais préparer quoi à manger ce soir ? »). Ce qui tend à nous faire perdre notre ancrage, notre stabilité. S’autoriser à retourner dans son corps, dans ses émotions, c’est s’autoriser à être là pour soi, et à chérir ce qui est. 

D’ailleurs, être dans la fluidité ne sous-entend pas forcément être dans le confort ou la joie ; l’inconfort, la fatigue, la peur peuvent être fluides, s’ils sont accueillis et pris pour ce qu’ils sont. 

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Qu’en pensez-vous ? Avez-vous déjà tenté l’expérience ?

Que se passe-t-il, quand on quitte la tête pour le corps ? Quand on prête attention à ce qui se passe là, dans l’instant ? J’ai passé un mois en pleine conscience. Voici mon expérience.
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