Vivre sans attentes, possible ?

Dans nos agendas si bien planifiés, réserve-t-on encore de la place à l’imprévu ? Je vous partage ici quelques astuces pour vivre sans attentes.

Dans nos agendas si bien planifiés, réserve-t-on encore de la place à l’imprévu ? Je vous partage ici quelques astuces pour vivre sans attentes.

Des prévisions condamnées

Il y a une vérité qu’on ne peut éviter bien longtemps : les choses ne se passent pas toujours comme prévu.

Et c’est frustrant. En rentrant du travail, on avait prévu ce verre entre amis. Pas cette prise de tête idiote. En se levant ce matin, on était certain de partir à huit heures tapantes pour éviter le traffic et arriver en avance à notre petit chalet de montagne. Pas de se réveiller avec une migraine et de devoir nettoyer le vomi du chat en prime.

Dans nos vies bien remplies, planifier sa semaine s’avère primordial pour ne pas se disperser. Et qui dit planification dit prévisions. On prévoit minutieusement le cours de sa journée, et on se le tient pour dit. Si un incident vient enrayer ce déroulement bien huilé, on peut le prendre mal. Souvent, parce qu’on juge qu’on n’a pas le temps pour ce genre d’inattendus. Sauf en congé, où il nous est plus facile de vivre sans attentes ; on peut tous admettre que la sensation est plutôt agréable. 

Sans doute parce que relâcher les attentes, c’est aussi relâcher la pression. Souffler, avoir confiance en sa journée, sans besoin de tout contrôler.

La bonne nouvelle, c’est qu’il est possible d’atteindre à une forme de relâchement au coeur même de notre quotidien bien planifié. Le câblage se joue dans notre façon d’envisager les choses. Au lieu d’attendre, apprenons à prendre.

Vivre sans attentes : changer de façon de voir

Pendant longtemps, les attentes ont gouvernés mon quotidien. Je me levais avec l’idée précise en tête du déroulement de ma journée. Je savais comment les choses devaient s’enchaîner, et ça me paraissait parfait. Adapté. Le moindre changement dans l’image gâcherait forcément ce tableau idéal. 

Et vous savez le plus intéressant ? La prévision devenait réalité. Quand mes attentes étaient déçues, elles gâchaient réellement mon humeur. J’avais prévu de me rendre à la nouvelle brocante du coin avec une amie, et cette dernière annulait à la dernière minute? Je percevais en toute honnêteté l’aubaine qui s’échappait. Je me voyais condamnée à terminer mon après-midi au centre-ville, bon gré mal gré. J’ai sans doute croisé des gens cet après-midi là, passé devant des boutiques inspirantes, il faisait peut-être même beau. Tout un tas de détails qui ne m’a que vaguement effleurée. Je n’ai rien vu, parce que j’attendais. J’attendais que les choses se réparent d’elles-mêmes, que je trouve enfin quelqu’un avec qui me rendre à cette fameuse brocante. 

Voilà ce qui peut se passer quand on a une idée bien arrêtée en tête

Avoir des attentes, c’est un peu comme être vissé à un point précis et être tout bonnement incapable de s’en détacher. On voit les choses d’une certaine façon, et on attend cette chose précise. Qu’elle puisse prendre une autre forme, une autre couleur, une autre saveur nous est complètement impensable. 

J’ai appris, peu à peu, à accepter l’idée que je n’étais pas maître des événements extérieurs. Je planifie mes journées en sachant que, s’il le faut, je m’adapterai aux circonstances. J’ai appris à ne plus voir ces imprévus comme des entraves à ma liberté mais, au contraire, comme des occasions d’enrichir ma journée.

Pour une contrôlante comme moi, c’est une petite révolution. Et c’est donc possible pour qui le souhaite. 

Je vous livre ici les petites astuces que j’ai mis en place pour atteindre plus de relâchement et m’ouvrir à l’imprévisible.

Vivre sans attentes : les petits trucs pour faire redescendre la frustration

> Miser sur l’intention

Vous avez peut-être déjà entendu parler de la puissance de l’intention. Si le sujet vous intéresse, je l’ai expérimenté et partagé dans cet article. Vous pouvez retenir ici que poser une intention pour sa journée, voire pour une activité de prévu, permet de vivre ces plages de temps selon une attitude voulue.

Exemple : ce matin, vous avez une séance de travail entre collègues de planifiée. Quelle est votre intention par rapport à cette séance? Vous désirez être à l’écoute ? Être performant ? Ou en apprendre quelque chose?

Poser une intention, c’est vous mettre en condition. C’est avoir une certaine disposition d’esprit qui vous mène à agir d’une certaine manière. Dans le cas des attentes, c’est une bonne manière de garder la maîtrise d’une tranche de sa journée sans être l’esclave des événements. Ce que vous prévoyez et que vous comptez respecter, c’est quelque chose qui part de vous. Pas de l’extérieur. 

Que votre séance entre collègue se passe dans le calme ou l’agitation, vous savez au moins comment vous désirez vous comporter. 

Au début, ça peut demander un petit entraînement. Surtout quand on est habitué à penser que notre attitude dépend des circonstances extérieures. Commencez par noter chaque veille au soir votre intention pour chaque tranche de votre journée. Relisez-la le matin. Eprouvez-la. Continuez, et vous vous câblerez peu à peu à votre intention de départ. 

> La double planification

Avoir une attente, c’est dans le fond avoir une histoire dans sa tête. Je vais faire ça, pour voir ça, pendant tant de temps. Une version à laquelle on tient. Si elle ne se réalise pas, on est déçu.

Pour éviter cette déception, je me suis amusée à concevoir des scénarios de secours dans ma tête. Vous pouvez aussi les écrire, pour débuter, ça évite de les oublier.

Un exemple tout simple : au retour du travail, je prévois de me prélasser sur ma terrasse. Si ça ne marche pas (parce qu’il pleut, parce que je tremble soudain de fièvre, parce que le chat a vomi sur la chaise longue… oui, les chats vomissent souvent dans mes histoires), qu’est-ce que je peux prévoir d’autre qui me prélasse ? Regarder la TV sur le canapé. Me faire couler un bain. Lire un bon livre dans mon fauteuil préféré.

> Savoir prendre ce qui vient 

Cette étape secoue sans doute un peu plus les contrôlants, parce qu’elle demande de modifier sa manière de voir les choses. Ça en vaut pourtant largement les efforts initiaux.

Je vous proposais au début de l’article de préférer prendre les choses qui viennent, plutôt que de les attendre. Lorsque survient l’imprévu, lorsque nous sommes pris de court, lorsque tout s’écroule et que nos plans tombent à l’eau… On peut se sentir frusté, et il vaut mieux dans ce cas accorder une petite minute à cette émotion [à lire aussi : Quelques clefs pour gérer ses émotions]. Ensuite, par contre, changement de programme : au lieu de pester éternellement et de rester accroché à ces plans annulés, on va accepter de prêter attention à ce qui nous entoure. À ce que cet imprévu peut comporter de nouveautés et de surprises

Je reprends mon exemple de la sortie à la brocante annulée. Je me retrouve donc au centre-ville. C’est l’occasion d’observer mon environnement – les magasins, les gens qui circulent, les coins de verdure – et de constater de combien de temps je dispose. Peut-être ai-je tout à coup l’envie de me poser à un café et d’enfin entamer le livre qui ne sort jamais de mon sac ? Peut-être est-ce l’occasion de rentrer plus tôt chez moi et de passer du temps avec mon chat ? 

La phrase magique, selon moi, c’est ce « pourquoi pas ? ». Répétez-la vous, si vous vous retrouvez dans une situation semblable. 

Je suis en train de rentrer chez moi, j’ai prévu de me poser confortablement dans mon salon, mais mon voisin croise mon chemin et me propose de me montrer ses nouvelles plate-bandes. Pourquoi pas?

Vivre sans attentes : les bons points des imprévus

Vivre sans attentes, c’est évidemment préférable parce que, de toute manière, nous ne maîtrisons pas le cours des choses. S’ouvrir à l’imprévu, accepter de devoir s’adapter, c’est une occasion de réduire la déception, la colère, le stress. 

Mais pas que. 

Le fait de se créer de nouvelles options, de se confronter à de petits ou grands changements et de chercher à en tirer le meilleur est un très bon exercice pour le cerveau. On développe ses compétences, sa créativité, son intelligence, ses capacités d’adaptation.

Pas mal, non?

Êtes-vous aussi un contrôlant qui peine encore à lâcher un peu prise ? Ou bien êtes-vous un pro de l’adaptation ? N’hésitez pas à partager en commentaires ces moments où vos plans n’ont pas pu se passer comme prévu, et dites-moi comment vous avez réagi, et ce que vous avez fait à la place 🙂

Dans nos agendas si bien planifiés, réserve-t-on encore de la place à l’imprévu ? Je vous partage ici quelques astuces pour vivre sans attentes.
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2 réponses à “Vivre sans attentes, possible ?”

  1. Merci pour cette article d’une grande sagesse.

    J’ai beaucoup aimé le “pourquoi pas” et la conclusion qui montre à quel point cette manière de penser et d’agir peut être enrichissante.

    Je vais essayer. Encore merci

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